lundi 28 mai 2012

On vit la nuit quand il fait jour ...


Mes amis, que d’aventures en ce mois de mai ! Je vais vous parler des deux temps forts du mois de mai : le jour de la Victoire (fin 2ndeGM, 9mai) et l’anniversaire de la ville (26/7 mai), le tout dans le contexte des nuits blanches et dans une fort vague atmosphère d’examens…
Bon, les examens : déjà trois de « passés » dont deux en russe et deux pour ainsi dire inexistants. Pas de soucis particuliers donc, comme je m’y attendais. Encore deux à venir cette semaine, qui ne devraient pas être trop préoccupants non plus…

Une excuse de plus pour se donner corps et âme aux nuits blanches !

Au début du mois de mai, pour le jour de la Victoire, il faisait jour de 4h30 à 23h à peu près. Ayant été prévenu de l’importance de la grande guerre patriotique en Russie, je ne voulais pas perdre une miette de cette journée. C’est donc à 8h30 que je me suis posté près de l’Ermitage pour y voir le défilé militaire, plutôt décevant. Grosse chaleur et grand soleil, on se pose en terrasse, en attendant de voir ce qui va arriver désormais… En fait, de cet après-midi, il ne m’est arrivé qu’un coup de soleil, et oui, le 9 mai en Russie, j’avais la moitié du visage aux couleurs de l’URSS. Sacré symbole. Mais aux environs de 17h, la ville se transforme à nouveau : les trottoirs sont remplis de monde, la circulation sur Nievsky est coupée et la voie dégagée… Mais que se trame-t-il ? Un évènement purement russe, complètement inédit…


LE DEFILE DES VÉTÉRANS !

Des vétérans défilent sous les acclamations de la foule


Certains ne savent plus où accrocher leurs médailles, d’autres que faire de leurs centaines de fleurs, quelques uns à pied (dont un extrêmement fier qui marche militairement devant un régiment), d’autres en jeep, les derniers en bus touristiques réquisitionnés pour l’occasion. Il y a, et il est important de le noter, beaucoup de femmes ! Les seules personnes autorisées à passer sous les barrières sont les enfants, pour aller offrir des fleurs aux vétérans, les adultes, plus ou moins jeunes, restés sur le trottoir, font des grands gestes de salut et crient « Bravo ! Merci ! Hourra ! ». Beaucoup ont les larmes aux yeux, et il faut reconnaître que cet hommage est très émouvant. Parfois, on aurait l’impression que la guerre est finie depuis deux ans seulement à en croire la ferveur de la foule… Mais voir ces babouchkis et diédouchkis être les stars, ça fait vraiment quelque chose. On peut lire partout dans la ville « merci grand-père pour la liberté » ou encore « mon grand-père n’a pas eu besoin de visa pour aller à Berlin » et autres immenses « merci ».  Le défilé continue par corporation (les survivants du blocus, du quartier de Vassiliévsky…) et se finit par un défilé assez limite du PC où l’on peut voir encore quelques portraits de Staline… Mais à part ces quelques éléments, l’évènement est très peu politisé et ma foi, c’est un plaisir ! S’en suit un feu d’artifice un peu décevant et puis une folle ambiance de fête dans la ville…


Devant le Gostiny Dvor, sur Nievsky rendue piétonne,
Drapé des couleurs russes !


Après la fête du 9 mai, l’autre date est le week-end du 26/27 mai : la fête de la ville. Encore une fois, toutes les rues sont décorées plusieurs jours à l’avance, les espaces publicitaires scandent des « С Днем Рождения мой любимый город! » (Joyeux anniversaire ma ville préférée !) et l’on sent que l’excitation monte. Encore une fois une grande partie de Nievsky est rendue piétonne (de liétiény à la Neva, pour ceux à qui ça parle) et transformée en fête foraine, des scènes sont montées un peu partout avec des clowns, des danses traditionnelles, et bien-sûr il y a presque autant de vendeurs de glaces que de visiteurs. Après cela, un nouveau feu d’artifices (cette fois-ci beaucoup mieux), d’innombrables lampions qui s’envolent et les colonnes rouges sur Vasilievsky allumées que nous avons regardés depuis les bords de la Neva en sirotant notre champagnskoyé, attendant ensuite de voir les ponts s’ouvrir. Quelle sensation étrange de ne jamais voir la nuit, la vraie. Disons qu’il fait sombre, mais jamais noir, et surtout qu’il y a toujours une partie du ciel plus claire que les autres. La lumière est toujours rasante, c’est absolument merveilleux ! Nous avons fini la soirée sur les toits de Saint-Pétersbourg avec un verre de vodka et une vue imprenable sur le dôme doré de Saint-Isaac… Magique !

Alex, YeaJi et moi qui regardons notre lampion s'envoler..
Voyez le ciel à gauche, il est environ 1h du matin



Ah et enfin, j’ai presque oublié : la nuit des musées ! Le week-end dernier (19/05) la nuit des musées (18h-6h) était organisée à St-Pet’, de quoi découvrir quelques galeries d’art moderne un peu décalées… Comme ces trois immeubles squattés par des artistes plus que jamais en résidence qui ont, en plus de la galerie, ouvert leurs petites chambres ateliers pour l’occasion !

Au musée de l'eau vers 4h30 du matin avec Suzanne


Comme vous l’aurez compris, la vie nocturne ici prend des allures complètement folles et déjantées avec le retour de la lumière et sa présence permanente, à tel point qu’il est difficile de se rappeler de tous les moments féériques que la ville donne à voir et à vivre (des barbecues sur la plage à l’ouverture du dvortsovy most en passant par les toits embrasés du petit matin…) mais l’idée est là : on vit la nuit, quand il fait jour !




Avant le feu d'artifices sur le dvortsovy most, vers 23h

samedi 5 mai 2012

Qu'il fait bon vivre quand on n'a rien à foutre de sa vie...


Bonjour tout le monde !


Je reviens vous conter mes dernières aventures, à commencer par mon petit trip en Europe, et oui ! Au programme : Helsinki (Finlande), Tallinn (Estonie), Riga (Lettonie).

Départ pour Helsinki de nuit, dans une marchroutka (souvenez-vous, ces minibus pourris…). Pas de souci particulier, à part l’inconfort et le caporal Popof de la frontière russe qui a pris un malin plaisir à disparaître à 4h du matin avec tous nos papiers (seulement aux 4 étrangers, bien-sûr…), nous laissant moisir, seuls, sur le côté… Mais une heure plus tard, tout était réglé. Sans explication, naturellement. Sacrés gardes frontières.
Arrivée à Helsinki tôt le matin, frais comme des gardons. Mauvais temps et fermeture exceptionnelle de Pâques au rendez-vous, heureusement que cette première journée a été rattrapée par celle qui l’a suivie : ensoleillée, ballade sur le port, dégustation d’une soupe toute nordique (saumon patates, beaucoup pensé à Bonne Maman), visites. A noter le merveilleux musée d’art contemporain, époustouflant. Architecturalement c’est un subtil mélange de palais style St-Pet (construits par un Prussien supervisé par les Romanov… Sacrée team.), d’art nouveau comme on l’aime, d’Europe du Nord. Assez sympa mais manque peut-être un poil de superbe. La ville est hors de prix mais à juste titre capitale du design, ça compense, n’est-ce pas.

 Arrivée à Helsinki après une nuit de bus,
 avec Suzanne ma French Club acolyte


 Départ le soir donc pour Tallinn en bateau type Les Bronzés, avec le bar hispanisant « Viva la fiesta » et ses vrais faux latinos qui chantent avec des colliers à fleurs autour du cou. No joke. A Tallinn tempête de neige, auberge sans réception, toutes les autres complètes (week-end de Pâques)… Petite heure de moisissure donc en déambulant sous la neige. Finalement hébergés, nous allons fêter ça dans un bar à trolls local (NB : le Finlandais et l’Estonien ne sont pas Suédois, pas de grands blonds aux yeux bleus qui tiennent, nous sommes ici en terre de rock métal, et ça se voit). Découverte de la ville sous le soleil le lendemain : mignonne comme tout, un petit village médiéval comme même Disney ne saurait en recréer… Mais à mon avis après 2 jours l’ennui est à considérer. Pas de soucis, on partait en fin d’après-midi en bus pour Riga, capitale de la Lettonie.

Tallinn la médiévale, avant l'arrivée du soleil


Déjà d’un autre format, Riga est plus diverse. Des grands parcs divisent la ville, il y a tout un quartier d’art nouveau où se trouvent les ambassades absolument magnifique. Enfin, pour la première fois de l’année, on a mangé en terrasse. En manteaux avec une petite couverture peut-être, mais en terrasse. Et au soleil, s’il vous plaît ! L’ambiance à Riga m’a vraiment plu : la ville regorge de cafés, bars, parcs… Très sympa, vraiment, en plus d’être une belle ville, chargée d’histoire. Comment ignorer en effet le musée des Occupations, témoignage d’un peuple martyr : la Lettonie indépendante s’est d’abord faite envahir par Staline, chassé ensuite par Hitler, enfin renversé par Staline… L’URSS occupant ensuite les pays Baltes jusqu’à son implosion.
On comprend dès lors aisément que dans les pays Baltes tout le monde parle russe, mais personne, à part les Russes (résidants ou non) n’aime vraiment le parler… Pas de soucis pour les touristes cela dit, tout le monde ou presque parle anglais. Les Pays Baltes, c’est l’Europe ! Ne sachant trop à quoi m’attendre j’ai été surpris de remarquer à quel point les Baltes sont éloignés culturellement et linguistiquement de la Russie : Riga et Tallinn font beaucoup plus ligue Hanséatique que Slaves (et pour cause !!!). Il est intéressant aussi de noter à quel point ces pays, dans leur réintégration européenne ont su faire oublier leur passé soviétique, bien plus que la Russie.
Retour en bus après 6 jours bien remplis pour jouer les prolongations de Pâques : le 15 selon le calendrier orthodoxe !

Douce vie nocturne à Riga,
avec Alex mon autre French Club acolyte 

Sinon ce mois de mai commence fort : après les manifestations du 1er mai (défilé LGBT amputé par la police, cortèges néo-nazis nationalistes, association des mères de soldats… Hétéroclite en somme) que j’ai suivies depuis Paris, l’on s’apprête à de nouvelles vacances comme Poutine a décrété les 7 et 8 mai fériés pour son investiture… Franchement c’est sympa de sa part, je ne vois pas ce qu’on lui reproche. Haha. Jours fériés auxquels succède bien sûr l’indétrônable 9 mai : la commémoration de La Victoire de la Grande Guerre Patriotique (=2nde GM). Les préparatifs sont encore en cours, mais je peux déjà citer les drapeaux qui ornent tous les lampadaires de la ville. Entendons-nous bien, les drapeaux : celui de la Fédération de Russie et celui de l’Union Soviétique. Ca peut faire bizarre, mais rien à faire, ils ont le sens du spectacle et le côté festif est réussi malgré tout… Mais peut-être que le soleil n’y est pas pour rien ! Et oui ça y est, il fait jour jusqu’à presque 23h et malgré des averses de temps en temps, on peut dire qu’il fait beau, grand ciel bleu à la clé. CHOUETTE !


Le monument de la Liberté à Riga
Tout un symbole

Sur ce je vous laisse, je m’en retourne à ma e-formation Excel (petite merveille pédagogique dont seule Sciences Po a le secret) et à mon essai sur la francophonie (et oui ça sent la fin : essai d’évaluation de semestre et premier examen la semaine prochaine qui devrait normalement être en russe… Pression !)

Je vous embrasse bien

A bientôt !