mardi 13 décembre 2011

Rien ne va plus, faites vos jeux ! (périodes électorales)

Bonjour tout le monde,

En cette période électorale (élections locales et législatives ce dimanche), un petit mail. Le parti de Poutine et Medvedev, Russie Unie, est partout. Le jour férié de l’unité, 4 novembre, qui est une de ses « créations », des étudiants ont défilé dans plusieurs endroits de la ville en soutien au parti. En fait, lesdits étudiants avaient les cheveux très courts et étaient incapables de dire dans quelles universités ils étaient étudiants… Ce qui a fait dire au St Petersburg Times qu’ils n’étaient autres que des militaires… Nan, vraiment ? Et oui, la société civile russe est toujours endormie. En témoigne cette pub de Russie Unie : « tout vous est déjà égale, vous ne verrez pas la différence ». Sinon, les réclames pour Russie Unie sont partout : immenses affichages sur les échafaudages des bâtiments en rénovation, dans le métro, dans les gares… Partout. Il y a d’autres partis, bien-sûr, mais ils sont presque invisibles. Selon un de mes profs, le problème est que les partis d’opposition ne proposent pas de véritable alternative… Mais, entendons-nous bien, ce n’est pas le seul problème de la « démocrature » russe (pour reprendre le néologisme d’Olivier Duhamel, mon ancien prof à Sciences Po).
Quoiqu’il en soit, en préparation des élections présidentielles au printemps prochain, Poutine s’est fait investir candidat de son parti dans un stade à main levée. Du plébiscite dix-neuvièmiste comme on l’aime, en somme. 
  

Sinon mon voyage à Moscou s’est très bien passé. Moscou n’a vraiment rien à voir avec Saint-Pétersbourg. C’est une espèce d’étendue urbaine chaotique, de laquelle émergent des bulbes dorés, des blocs de bétons soviétiques, des églises vielles de plusieurs siècles, aux tailles et styles très variés, une statue géante de Pierre le Grand. Rien à voir donc avec la très rectiligne Saint-Pétersbourg, tout droit sortie d’un cerveau d’architecte, Moscou reflète plus les évolutions de la Russie, où aujourd’hui la voiture est reine. Au programme le Kremlin (où je n’ai malheureusement pas rencontré Paola, pour répondre à Bon Papa !), le mausolée de Lénine (extrêmement bizarre de se retrouver face à ce corps), musée Pouchkine et galerie Tetrakov. Très intéressants, et une manière de découvrir myriade d’artistes russes dont jamais je n’avais entendu le nom. Et enfin le musée de l’histoire contemporaine russe, où un étage est consacré à Poutine (et Medvedev), rien que ça. Le voyage en train (surchauffé) était quelque peu pittoresque et arrosé, un bon moyen de rencontrer des jeunes russes. Et à l’auberge, ambiance internationale au rendez-vous, où j’ai rencontré un catalan qui était impressionné par mon niveau –tu m’étonnes, parler catalan avec un roux à Moscou, il ne devait sûrement pas s’y attendre. Enfin, il faisait plus froid qu’à Saint-Pétersbourg et je suis revenu avec un méchant rhume.

Ce qui m’a fait faire ma première visite à la pharmacie, qui n’a rien d’exceptionnel sinon cette petite anecdote : vous voulez du paracétamol russe ou étranger ? Notre chimiste en chef me dira si je me trompe mais selon moi, le principe d’une molécule, c’est que c’est la même ici, à Bruxelles, Paris et Mahon… Nan ?

Après Moscou nous sommes allés à Pskov, près de la frontière estonienne, faire un petit week-end à la campagne. Le train pour nous y emmener était un peu l’équivalent du TER Français, m’avait-on dit. Et bien, imaginez, j’en ai regretté mon infatigable mais capricieux RER B (et c’est dire). Banquettes en plastique, surchauffé (ce qui va de pair avec les odeurs), on devait y passer 5 heures. Après deux heures et demie, on nous annonce un changement avec 3 heures d’attente à Louga, ville perdue, où seules trônaient à la gare de gigantesques affiches de Russie Unie. On a donc fini le trajet en bus. Week-end très agréable dans cette Russie profonde, à la fois détruite et éternelle : il y a là un vieux kremlin et un vieux monastère. On est tombé en pleine messe, jamais vu ferveur pareille. Les chants mystiques auraient ramené vers la foi même les plus sceptiques (bon ok, j’exagère un peu mais le vent de ferveur était vraiment transcendant)

Niveau temps, les journées continuent de se raccourcir, mais c’est le mois de novembre le plus chaud de l’histoire de la statistique météo de Saint-Pétersbourg (environ 130 ans selon les sources !), presque décevant ! Le mois de décembre s’annonce assez chargé en boulot (oui, ça y est, ça arrive.. !) mais sera normalement récompensé en Janvier par un voyage (sûrement de St-Pet à Astrakhan, pour ceux à qui ça parle), l’Ouzbékistan ayant été repoussé à cause du visa.


Sinon j’ai encore eu des problèmes avec internet car il faut payer en cash chaque mois à une borne, et ceux qui connaissent mes difficultés d’organisation dans le temps n’auront aucun mal à imaginer que je m’aperçois que je dois payer seulement une fois que le réseau ne marche plus…

Voilà pour ces dernières nouvelles, on verra dimanche soir quelle est l’issue des scrutins, mais aucune surprise n’est attendue à la Douma (le parlement) !