Bonjour tout le monde !
Quelques nouvelles, maintenant que je suis rentré de voyage.
Quelques chiffres, ne faites pas les innocents, je sais que certains d’entre vous adorent ça : 5 villes en 12 jours, plus de 50heures de train, de 8h de bus, 4h de marchroutka (=minibus pourri), 14h d’aéroport (=3h de vol…) et trois fins de nuit dans des gares (pas cher, pas cher). Jamais au-dessus de 0, mais jamais en dessous de -10, c’est un peu comme deux semaines au ski mais… Sans le ski !
Parti avec ce qu’il est désormais coutume d’appeler le French Club chez les jeunes étrangers de St-Pet, j’ai nommé Suzanne et Alex, j’ai visité Vladimir, Nijni-Novgorod, Kazan, Samara et Astrakhan (Volgograd et Saratov finalement supprimés du programme). Vladimir et Nijni (fermé aux étrangers jusqu’en 1995…) sont dans la région de Moscou et correspondent aux clichés de la Russie éternelle (qui est en fait plus médiévale qu’autre chose), savoir vieux kremlins et bulbes dorés, bien que Nijni se distingue de Vladimir par sa taille et sa ZI : il ne faut pas oublier que c’est la troisième ville de Russie, ce qui fait prendre conscience de la surconcentration de la population à Moscou (et Saint-Pet).
Ensuite Kazan (où la ouate brumeuse de la neige incessante nous a enfin un peu quittés), qui est sans conteste mon grand coup de cœur. Capitale de la République du Tatarstan (mais si vous savez la Russie est une fédération…) qui regorge de pétrole, Kazan est tout simplement un petit bijou et ce à bien des égards. D’abord par l’aspect culturel et historique (Poutine disant lui-même qu’il suffit de gratter un Russe pour trouver un Tatar… Mais si vous savez la Russie est un pays pluriethnique) qui se reflète dans l’architecture : une mosquée dans le kremlin, qui côtoie les bulbes dorés (mais si…blablabla… la Russie multiconfessionnelle !), rien que ça ! Ensuite par l’ambiance, détendue et confortable à la fois, avec une francophilie toujours aussi déroutante : une Kazakh (qui veut dire du Kazakhstan, pas de Kazan) qui nous parle en russe du festival de cinéma français de Kazan, un tatar qui nous paye deux bouteilles de champagne (russe) car nous sommes des étudiants francophones, un magnifique « temple de toutes les religions » (nous ne les avons d’ailleurs pas toutes reconnues…) à quelques kilomètres de la ville… De quoi ravir, de prime abord, la toute-bien-pensance Science palienne que nous représentons, même si, bien-sûr, « c’est plus compliqué que ça » (l’antisémitisme rend assez vite très mal à l'aise...)
Citation au détour de laquelle je me permets un appendice : Limonov de Carrère (duquel je la tiens). Et oui, tout ce temps de transport permet quelques loisirs littéraires. Limonov est le chef du parti Nas-bol, comprendre national-bolchévique (un peu subtil mélange des symboles nazis et soviétiques) et même si l’écriture de Carrère est loin d’être exceptionnelle, l’histoire de Limonov est absolument époustouflante. D’abord par sa trajectoire personnelle pour le moins originale (dissident, poète underground, homme de service, clochard new-yorkais, écrivain parisien, puis politique) puis par ce qu’il permet d’apprendre sur la Russie actuelle et notamment sur la perception très russe et très méconnue en Europe de la fin de la guerre froide et de l’URSS. Une manière littéraire d’appréhender la Russie peut-être plus dans le coup que Tolstoï et Dostoïevski.
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| Vous ne rêvez pas : je marche sur un fleuve ! |
Après Kazan, cap sur Samara (assez laide et détruite). Emerveillement total sur la Volga gelée, traversée d’abord en glisseur (Hugues tu aurais adoré) puis à pied, au milieu d’une immensité blanche sans fin… J’imagine que c’était proche de ce que l’on ressent dans le désert. On y a retrouvé une partie de la dream team.
Enfin, direction notre dernière étape : Astrakhan. Nous avions 24 heures de train jusque là, en compartiments couchettes ouverts. Quand nous sommes arrivés dans le train, délicieuse surprise : une famille d’une (très) large quinzaine de Daghestanais (=du Daghestan, une des républiques du Caucase) dans notre rame, bruyante comme l’est toute famille nombreuse qui se déplace avec –au moins- trois générations. Après avoir discuté, essayé de dormir, on file au wagon-bar, passablement fatigués. En rentrant, quelle ne fut pas notre surprise : un rien suintants d’alcool, nos amis hurlaient, tapaient sur les tablettes, dansaient dans le couloir central. De la folie ! Il ne nous a évidemment pas fallu plus de cinq minutes (enfin, presque) pour nous joindre à eux. Un souvenir impérissable…
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| Avec les jeunes générations sur la piste de danse |
Finalement à Astrakhan, nous trouvons notre modeste hôtel au milieu de ce qui a tout l’air d’être un bidonville périphérique… Ah non, en fait c’est normal, ici jusque dans le centre les petites maisons en bois sont défoncées, les trottoirs des marres de boues ou de poussière, selon, les ordures s’entassant jusque dans le kremlin et les rues sont retournées… Disons que les rénovations sont en cours –en attendant, pas de soucis, Gazprom a son bâtiment flambant neuf, ouf !
Voilà pour mon voyage, en essayant de synthétiser…
Ensuite Gabriel (un ami de Sciences Po) est venu me rendre visite à Saint-Pétersbourg. Là, plus de -10 qui tienne, la température la plus chaude enregistrée est de -17… Mais ça va, ça ne descend jamais en dessous de -25 ! Enfin, sauf quand il y a du vent, où là, il peut vraiment faire froid. Mais sinon, avec « mon » manteau de fourrure, ça passe tranquille (même si je pense sérieusement m’acheter un collant…). La ville sous la neige, avec un grand ciel bleu et un soleil qui fait ce qu’il peut, est tout simplement incroyable, magique, mystique… Je l’ai vraiment redécouverte ! Délicieuse semaine de tourisme qui s’est finalement terminée par Casse-noisettes au Mikhaïlovski (un des deux grands opéras de St-Pet)
Voilà, maintenant d’ici à la rentrée et l’arrivée d’amis pour mon anniversaire, enfin un peu de calme..!



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